
Que constatez-vous dans le domaine du crédit privé et cela a-t-il des répercussions sur l’ensemble des marchés du crédit?
Sam Acton, CFA, Gestionnaire de portefeuille, cochef – Revenu fixe

Si l’inflation persiste, quels diversificateurs pourraient être efficaces et quelles erreurs pourraient survenir?
Michael White, CFA, Gestionnaire de portefeuille, stratégies multiples
Au cours des dernières semaines, depuis le début du conflit avec l’Iran, l’importance stratégique de la production d’énergie, des infrastructures et du transport a rappelé aux investisseurs comme aux consommateurs le rôle essentiel des hydrocarbures dans l’économie mondiale. Les répercussions sont bien réelles, entraînant une hausse des prix de presque tous les produits, des billets d’avion aux engrais en passant par les denrées alimentaires. L’inflation est une fois de plus au premier plan et les marchés obligataires ont fait volte-face. Alors qu’en début d’année, les marchés tablaient sur une inflation maîtrisée et anticipaient des baisses de taux destinées à relancer une économie en perte de vitesse, les marchés à terme de taux d’intérêt ont récemment commencé à escompter la probabilité d’une ou deux hausses de taux d’ici la fin de l’année – et ce, sur fond d’une économie toujours en perte de vitesse. L’inflation, et son incidence sur les taux d’intérêt, représente un véritable casse-tête pour les consommateurs et les emprunteurs, mais constitue également un moment charnière pour les investisseurs dont les portefeuilles sont ancrés dans des habitudes.
Alors que les investisseurs cherchent à tirer parti des gains associés à ces thèmes, cela se traduit par un « pari » sur la durée pendant laquelle le conflit en Iran continuera de perturber les marchés de l’énergie. Dans le cadre de nos recherches sur la construction de portefeuille, l’importance d’« ancrer » les rendements sensibles à l’inflation dans la répartition stratégique de l’actif des investisseurs nous rappelle que l’inflation est difficile à prévoir, non seulement en ce qui concerne le moment où elle surviendra, mais aussi son ampleur et sa « persistance » (c’est-à-dire ses effets d’entraînement). Les investisseurs équilibrés ont tendance à adopter une approche défensive dans l’élaboration de leur portefeuille, en raccourcissant la duration afin de limiter la sensibilité de leurs répartitions en titres à revenu fixe au niveau et à l’évolution des taux d’intérêt. Chez Placements PICTON, notre approche multi-stratégies repose sur l’idée que les investisseurs peuvent adopter une approche offensive, en tirant parti de rendements sensibles à l’inflation, mais cela doit être fait avec prudence. Nous estimons que les produits de base pourraient offrir la possibilité de dégager des rendements sensibles à l’inflation, mais en tant que catégorie d’actifs au sens large, ils sont historiquement volatils. D’autres actifs et stratégies de diversification peuvent jouer un rôle (notamment les obligations indexées sur l’inflation, dont le risque de duration est couvert), mais une approche réfléchie et avisée en matière de répartition de l’actif s’impose.
Nous avons constaté que les catégories d’actifs liées aux produits de base ont tendance à offrir une plus grande sensibilité à la tendance et au niveau de l’inflation. Bien qu’il existe d’autres actifs et stratégies à utiliser dans une répartition efficace face à l’inflation, les investisseurs ont tendance à se concentrer sur la cause principale ou le principal bénéficiaire de l’inflation… dans ce cas, le secteur de l’énergie. Compte tenu de la volatilité des produits de base énergétiques, surtout dans le contexte actuel, l’erreur la plus courante que commettent généralement les investisseurs est de mal calibrer la taille de leur répartition. En effet, le risque lié au moment d’entrée est réel (comme nous l’avons souligné, ces épisodes sont difficiles à prévoir), mais lorsqu’une décision d’investissement est prise, les investisseurs ont souvent tendance à surpondérer ce qui « fonctionne » sur le moment. Au contraire, l’objectif principal dans l’élaboration de portefeuille devrait être d’obtenir des avantages de diversification. La répartition vers les produits de base et d’autres actifs et stratégies sensibles à l’inflation requiert souvent une approche diversifiée, dans laquelle la contribution au risque du portefeuille prime sur la simple recherche de rendements. À titre complémentaire, il importe également de ne pas amplifier ou brouiller l’intention de la répartition en y ajoutant du bêta d’actions sous forme de producteurs de produits de base. Bien que la hausse des prix des produits de base puisse offrir un levier opérationnel, divers risques d’exploitation doivent également être pris en compte, notamment (et ce n’est pas le moindre) la hausse du coût de production du produit de base en question (en effet, l’énergie constitue un coût intrant pour de nombreux exploitants miniers de métaux). Enfin, disposer d’un processus permettant d’ajuster efficacement les positions permet d’atténuer la volatilité en rééquilibrant les répartitions en fonction des tendances, en particulier en période de forte volatilité.
Il s’agit peut-être de l’un des impératifs les plus importants en matière d’élaboration de portefeuille que nous ayons abordés au cours des dernières années. Au cours des dernières décennies, de nombreux investisseurs ont pris l’habitude de miser sur le fait que les actions et les obligations affichaient généralement une faible corrélation, s’attendant à ce que l’une « couvre » efficacement l’autre dans un portefeuille « équilibré » type. En réalité, au cours des dernières décennies, les investisseurs ont bénéficié d’un environnement « Boucles d’or » caractérisé par une croissance faible et stable, avec une inflation très bien maîtrisée, ce qui a permis une baisse progressive des taux d’intérêt sur une longue période. Historiquement, les obligations ont offert un important vent favorable aux rendements totaux pour les investisseurs équilibrés et ont bien contribué à atténuer le risque lié aux actions lors des chocs de croissance économique. Le problème est que les obligations n’offrent pas un contrepoids similaire en période de chocs inflationnistes, comme celui que nous connaissons actuellement. Nous avons également constaté que, lorsque l’inflation atteint ou dépasse les 3 %, la corrélation entre les actions et les obligations s’accentue, et la situation actuelle confirme une fois de plus cette réalité. Il s’agit là d’un point crucial pour l’investisseur dit « équilibré »… lorsque les actions et les obligations évoluent mal de concert, la diversification du portefeuille peut bénéficier de l’inclusion d’actifs et de stratégies de diversification supplémentaires.
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Sam Acton, CFA, Gestionnaire de portefeuille, cochef – Revenu fixe

Shechar Dworski, Chef de l’économie et directeur, Stratégie macroéconomique chez Placements PICTON
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