
Quelles leçons tirées de la dernière phase de forte croissance technologique pouvez-vous appliquer au marché d’aujourd’hui ?
JEFF BRADACS, CFA, Co-chef, stratégies d’actions; chef de la gestion de portefeuille et des opérations de négociation

Quels sont les effets d’entraînement de la hausse des prix du pétrole au-delà du prix à la pompe?
Shechar Dworski, Chef de l’économie et directeur, Stratégie macroéconomique chez Placements PICTON
Si l’incidence immédiate de la hausse des prix du pétrole est évidente à la pompe, ses effets pourraient se répercuter bien plus largement dans l’économie mondiale. La hausse des prix du pétrole agit en pratique comme une taxe pour les consommateurs et, point important, elle n’est pas ressentie de manière uniforme. Cela s’inscrit directement dans le thème de l’économie en forme de K. Ce sont généralement les consommateurs aux revenus modestes qui en ressentent réellement les effets lorsque le prix de l’essence augmente d’un dollar par gallon, tandis que pour les ménages à revenus élevés, cette variation n’a pratiquement aucune incidence. Ce fardeau inégal creuse discrètement le fossé économique existant. Pour les investisseurs en actions, la question clé n’est pas simplement de savoir si les prix du pétrole augmentent, mais où cette pression pourrait finalement se manifester dans les secteurs, les marges et la croissance régionale.
À l’échelle mondiale, cette divergence devient encore plus marquée. Dans une économie américaine largement axée sur les services, le poids du pétrole brut dans le PIB est relativement faible, de sorte que l’effet négatif au niveau macroéconomique demeure limité, à l’exception toutefois des ménages à plus faible revenu, pour qui l’impact à la pompe est plus marqué. L’Europe présente un tout autre tableau. Les événements de la crise énergétique de 2022 ont révélé à quel point la région demeure dépendante de l’énergie. Bien que les réserves se soient améliorées depuis, la dépendance à l’égard des sources d’énergie externes reste importante. Les marchés émergents présentent une vulnérabilité similaire, puisque les produits alimentaires et l’énergie représentent une part beaucoup plus importante du panier du consommateur qu’aux États-Unis. Lorsqu’il est question de rotation mondiale et d’élargissement du marché, c’est souvent à ce stade que la dynamique peut s’essouffler.
Le pétrole se trouve également au cœur d’un important canal de transmission vers l’inflation, souvent négligé. Il s’agit d’une matière première essentielle pour les produits chimiques industriels tels que l’éthylène, le propylène et le benzène, qui entrent dans la fabrication des plastiques, des emballages, des matériaux de construction et des biens de consommation. Lorsque les prix du pétrole brut augmentent, les coûts de production ont tendance à suivre. L’Europe et l’Asie sont particulièrement exposées, car elles dépendent fortement d’une production chimique à base de naphta, tandis que l’Amérique du Nord bénéficie de coûts plus faibles grâce au gaz naturel et à l’éthane. Cet avantage structurel en matière de coûts tend à s’accentuer lors des hausses du prix du pétrole brut, créant une dispersion régionale des profits que les investisseurs en actions peuvent exploiter.
Les prix de l’énergie influencent également directement la production alimentaire par le biais des marchés des engrais. Le gaz naturel constitue un intrant principal dans la production d’engrais azotés tels que l’ammoniac et l’urée, tandis que les produits pétroliers peuvent influer sur la production et le transport du phosphate et de la potasse. Lorsque les coûts de l’énergie augmentent fortement, ceux des engrais ont tendance à suivre. À mesure que la hausse des prix du pétrole se répercute sur les coûts des engrais, les coûts de production alimentaire pourraient augmenter, et les prix des produits d’épicerie finissent par suivre. Il s’agit de l’un des principaux mécanismes de transmission par lesquels un choc pétrolier peut devenir une force inflationniste plus large et plus persistante.
La vérité inconfortable est que les choses s’orientaient déjà vers une stagflation avant ce choc pétrolier : Le récent rapport de janvier 2026 sur l’indice des prix à la production (IPP) a montré que les biens de base évoluaient de nouveau dans la mauvaise direction, et que les données sur l’emploi non agricole s’étaient révélées négatives.
À l’avenir, la véritable question n’est pas seulement de savoir jusqu’où le prix du pétrole va grimper, mais plutôt quelle est la durée attendue de cette hausse. Une hausse de courte durée est très différente d’une augmentation prolongée en termes de perturbations et de répercussions sur l’inflation.
Nous surveillons de près la courbe des contrats à terme sur le pétrole brut afin de déceler des signes indiquant que cette hausse des prix du pétrole pourrait devenir une préoccupation à plus long terme. Jusqu’à présent, seule la partie courte de la courbe s’est fortement redressée, tandis que la partie longue a à peine évolué, ce qui laisse entendre que les marchés considèrent encore cette perturbation comme temporaire. Si la partie longue de la courbe commence à progresser graduellement, cela pourrait indiquer que la situation prend une ampleur plus importante.

Bloomberg, L.P., Recherche de Placements PICTON Mahoney Asset Management. En date du 20 mars 2026.
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JEFF BRADACS, CFA, Co-chef, stratégies d’actions; chef de la gestion de portefeuille et des opérations de négociation

Sam Acton, CFA, Gestionnaire de portefeuille, cochef – Revenu fixe
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