Bien que l’inflation ne constitue sans doute pas une préoccupation aussi importante que durant la reprise post-COVID, cet épisode a néanmoins exposé la délicatesse des risques d’inflation axés sur l’offre. Alors que les indices des prix à la consommation (IPC) atteignaient des niveaux jamais vus depuis de nombreuses années, les consommateurs ont dû s'adapter à une nouvelle réalité à laquelle seules des politiques efficaces et les mécanismes naturels d'ajustement de l'économie ont pu remédier en temps voulu.
De leur côté, les investisseurs ont également ressenti les effets néfastes de l'inflation, car les portefeuilles construits selon le modèle traditionnel 60/40 se sont révélés très sensibles au niveau et à l'évolution des taux d'intérêt. De plus, l'avantage de la diversification que les obligations étaient censées apporter aux actions n'a pas joué son rôle de contrepoids lorsque les taux d'intérêt ont quitté leurs plus faibles niveaux historiques en réaction à la flambée de l'inflation. Nos recherches sur la construction de portefeuille montrent qu’à des niveaux d’inflation supérieurs à 3 %, les actions et les obligations présentent une corrélation positive, c’est-à-dire qu’elles commencent à évoluer dans le même sens. Pendant de nombreuses années, les obligations ont constitué une couverture efficace contre les actions en période de choc de la croissance, mais les investisseurs ont appris une dure leçon en 2022 lorsque les obligations n’ont pas réussi à protéger les actions contre les baisses lors des chocs inflationnistes.
Que faire, alors, si on est un investisseur? Réduire la duration des répartitions en titres à revenu fixe peut aider à jouer la carte de la défense dans un contexte de hausse des taux, mais lorsque les décideurs politiques relèvent les taux d’intérêt à court terme pour juguler l’inflation, même une duration plus courte peut ne pas suffire à protéger correctement un portefeuille contre les pertes lors de chocs inflationnistes. Alors pourquoi ne pas jouer l’offensive dans un contexte inflationniste? Quels actifs ou stratégies pourraient tirer parti du risque inflationniste? La réponse courte, et la catégorie d’actifs la plus accessible, est probablement celle des produits de base.
En s’appuyant sur nos recherches :
Cet article n’a pas pour but d’approfondir les liens historiques et les idées reçues, mais rappelons que notre livre blanc sur la construction de portefeuille, intitulé « Fortifying Investment Portfolios » (Pour des portefeuilles de placement plus robustes, publié le 11 décembre 2019), constitue une analyse détaillée du comportement des catégories d’actifs sur plusieurs années dans divers contextes de marché. Nous avons ainsi identifié neuf éléments constitutifs de catégories d’actifs admissibles à l’investissement pour une répartition stratégique et bien diversifiée des actifs. Nous sommes d’avis que ce nouveau cadre de référence pour un portefeuille d’achat à long terme pourrait se montrer résilient dans différents contextes et offrir aux investisseurs un rendement de meilleure qualité que le modèle traditionnel de construction 60/40. Dans le diagramme ci-joint, qui illustre une frontière efficiente composée de ces neuf classes d’actifs, la possibilité d’améliorer le rendement ajusté au risque (comparativement au modèle 60/40 traditionnel) réside principalement dans l’inclusion de catégories d’actifs liées aux produits de base.
Certes, nous ne mettions pas l'accent sur les risques d'inflation lorsque cette étude a été achevée, en 2019. Cependant, nous tenions compte de l'histoire économique et boursière à long terme, qui montre que l'inflation peut survenir et survient effectivement… Le problème, c'est qu'elle peut être difficile à prévoir, non seulement dans le temps, mais aussi quant à son ampleur et à son degré de « persistance ». Disposer d'un portefeuille bien diversifié signifie donc se doter d'une marge de risque appropriée pour les rendements sensibles à l'inflation avant même que le risque d'inflation ne se concrétise.
Ici et maintenant – Composer avec la volatilité des actifs liés à l’inflation :
Depuis plusieurs mois, alors que l’indice des prix à la consommation (IPC) s’est stabilisé (bien qu’il demeure supérieur à l’objectif à long terme de 2 % fixé par la Réserve fédérale américaine), nous rappelons aux investisseurs que l’inflation entraîne une érosion du pouvoir d’achat. Elle ne se traduit pas toujours par une hausse des prix, mais peut également se manifester par une dépréciation de la monnaie utilisée pour consommer, épargner et investir. C'est pourquoi nous estimons que les métaux précieux, l'or en tête et l'argent aussi, qui progresse rapidement, peuvent constituer une catégorie d'actifs de diversification. Cependant, comme nous l'avons souligné dans notre dernière parution de L’opinion des experts, intitulée « Le recul de l’argent », lorsqu'on cherche à tirer profit de la diversification pour compléter une approche 60/40 traditionnelle, il faut veiller à ne pas adopter une vision centrée sur un seul actif. Autrement dit, la diversification est importante au sein même de la stratégie anti-inflation.
Si on revient au graphique ci-joint, il suffit d’observer les caractéristiques de volatilité des catégories d’actifs liées aux produits de base en tant que composantes de diversification du portefeuille. Il n’est pas nécessaire de plisser les yeux pour reconnaître que la catégorie d’actifs de l’énergie, avec son fort potentiel de rendement, est également volatile. Pour répartir efficacement les actifs dans le but d’obtenir des rendements ajustés au risque plus élevés et réguliers, notre équipe multi-stratégies aborde l’intégration de ces catégories d’actifs comme un exercice de budgétisation du risque plutôt que de répartition du capital. Une augmentation des capitaux dans le but d’obtenir des rendements supérieurs peut entraîner une volatilité déconcertante. Sans compter que, compte tenu des risques liés à l'actualité au Moyen-Orient, les cours des actifs énergétiques connaissent des fluctuations brutales. Les investisseurs devraient tenir compte des avantages de la diversification offerts par ces catégories d'actifs, tout en gardant à l'esprit que la dépendance des cours à l'égard des facteurs dits « fondamentaux », récemment illustrée dans le cadre de ce conflit, pourrait évoluer avec le temps. La pondération des risques, le respect des tendances et de la concentration des actifs, ainsi que la prise prudente de bénéfices sont autant de caractéristiques du processus de gestion des risques intégré au Fonds alternatif PICTON d’occasions liées à l’inflation.
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