Les marchés en mars ont affiché une volatilité généralisée, sur fond d’instabilité géopolitique. Pour les conseillers qui élaborent des portefeuilles résilients et faiblement corrélés, l’environnement actuel rappelle que l’exposition à l’arbitrage n’est solide que dans la mesure où l’analyse qui la sous-tend l’est également.
Arbitrage de fusions : l’IA réévalue discrètement la prime de risque des transactions
Les volumes de fusions et acquisitions sont demeurés faibles, mais l’activité s’est accélérée vers la fin mars avec deux opérations notables dans le secteur pharmaceutique totalisant environ 5 G$ US.
Les écarts d’arbitrage de fusions se sont élargis dans le secteur des logiciels, non pas en raison de tensions réglementaires ou de contraintes de financement, mais en raison des perturbations liées à l’IA. À mesure que l’intelligence artificielle remodèle la dynamique concurrentielle dans le domaine des technologies d’entreprise, les acquéreurs et les cibles voient leur valeur réévaluée en temps réel. Après une période d’activité intense marquée par de nombreuses acquisitions à grande échelle, le volume des fusions-acquisitions s’est depuis modéré. Ce changement crée un ensemble d’occasions complexes.
Arbitrage de SAVS : lire le signal dans le silence
Le mois de mars a été marqué par un net ralentissement des premiers appels publics à l’épargne (PAPE), ce qui a constitué un ralentissement bienvenu. Activité des SAVS : 11 SAVS émises et 7 opérations de « de-SPAC » (fusion avec une SAVS) annoncées, comparativement à 27 émissions et seulement 3 « de-SPAC » en février. Ce qui peut sembler être un mois calme pourrait plutôt être interprété comme une normalisation.
Dans l’ensemble, le mois de mars a été marqué par un ralentissement des PAPE, tandis que les annonces de « de-SPAC » se sont accélérées, rapprochant les nouvelles émissions et les fusions finalisées d’un meilleur équilibre. Après un mois de février actif, les données du mois reflètent un marché aux premiers stades d’un retour à l’équilibre, plutôt qu’un marché en repli[CR4] .
Arbitrage d’obligations convertibles : la résilience n’est pas le fruit du hasard
L’histoire la plus révélatrice du mois de mars s’est manifestée dans l’arbitrage d’obligations convertibles, où le positionnement sur des obligations à delta élevé et sur de nouvelles émissions a permis d’assurer une résilience alors que les écarts de crédit subissaient des pressions plus généralisées. Il ne s’agissait pas d’un phénomène circonstanciel, mais bien du reflet de la complexité d’une catégorie d’actifs où le risque de duration, le risque de crédit et l’optionnalité liée aux actions doivent être évalués simultanément. Toutes les obligations convertibles ne se valent pas, en particulier lorsque les marchés du crédit privé et des actions vacillent simultanément.
Le véritable avantage de l’arbitrage
Dans l’ensemble, le mois de mars montre pourquoi l’arbitrage exige une réflexion active et différenciée. Chaque volet (arbitrage de fusions, SAVS et arbitrage d’obligations convertibles) a mis en évidence des dynamiques qu’une approche fondée sur des règles ou sur des indices aurait pu manquer. L’ampleur des écarts ne constitue pas en soi de l’alpha; c’est là que réside la véritable occasion.